Martinique

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Martinique

Collectivité territoriale au carrefour des Amériques — RUP de l’Union européenne
Antilles – Caraïbe CTG – Région française Amérique centrale RUP française
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Drapeau de la Martinique Usage local
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Habitants (2024)
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PIB/hab. (2022)
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Taux de pauvreté
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Fonds EU 2014–2020

Collectivité territoriale unique depuis 2011 et région ultrapériphérique (RUP) de l’Union européenne, la Martinique est un territoire transocéanique français au carrefour des Amériques du Nord et du Sud. Terre d’Aimé Césaire, de Frantz Fanon et d’Édouard Glissant, elle allie un patrimoine culturel de rayonnement mondial à des défis structurels majeurs : déclin démographique, vie chère, chômage des jeunes et risques environnementaux.

La Martinique dans l’arc des Caraïbes — au cœur des Petites Antilles, entre la Dominique au nord et Sainte-Lucie au sud, face aux Grandes Antilles et aux côtes du Venezuela · © OpenStreetMap contributors
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Représentants élus

Martinique — Mandats 2026

Exécutif local

Serge Letchimy

Président du Conseil Exécutif de Martinique

Claude Lise

Président de l’Assemblée de Martinique

David Zobda

Président de la Communauté d’Agglomération du Centre de la Martinique (CACEM)

Didier Laguerre

Maire de Fort-de-France — réélu en mars 2026
🏆 Record historique en mars 2026 : 9 femmes maires élues ou réélues, dont Nathalie Grat aux Trois-Îlets — première alternance depuis 1989 —, Guylène Joseph-Angélique au Prêcheur, Andréa Mauzole au Morne-Rouge, Ludmila Larade-Eustache à Saint-Pierre et Cynthia Yerro au Marigot. Un quart des communes martiniquaises est désormais dirigé par une femme.

Députés à l’Assemblée nationale

  • Béatrice Bellay 2ème circonscription · Socialistes — Auteure et rapporteure de la loi vie chère adoptée le 23 janvier 2026 (180 voix pour, 1 contre). Figure centrale du combat pour le pouvoir d’achat des territoires transocéaniques.
  • Johnny Hajjar 3ème circonscription — Rapporteur de la commission d’enquête sur la vie chère dans les territoires transocéaniques.
  • Marcellin Nadeau 4ème circonscription
  • Jean-Philippe Nilor 1ère circonscription

Sénateurs

  • Catherine Conconne Sénatrice de la Martinique — Engagée dans le parcours sénatorial de la loi vie chère aux côtés de Béatrice Bellay.
  • Maurice Antiste Sénateur de la Martinique
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Enjeux du moment

Cinq priorités pour la Martinique en 2026
01

La loi vie chère — une victoire législative

Portée par Béatrice Bellay, la loi vie chère adoptée le 23 janvier 2026 à 180 voix contre 1 prévoit l’encadrement des marges des distributeurs, l’élargissement du bouclier qualité-prix et des sanctions renforcées. Elle doit encore être examinée au Sénat, où Catherine Conconne en assurera la défense.

02

Municipales 2026 — féminisation record

Le scrutin de mars 2026 a profondément renouvelé le paysage politique : 10 nouveaux maires sur 14 communes disputées au second tour, et 9 femmes à la tête de communes — un record absolu pour la Martinique.

03

Le chlordécone

La contamination des sols au chlordécone reste un enjeu de santé publique non résolu malgré plusieurs plans nationaux. La Délégation aux outre-mer a évalué les besoins à 6 milliards d’euros, alimentant un sentiment d’injustice durable vis-à-vis de l’État.

04

Le déclin démographique

La Martinique perd en moyenne 5 000 habitants par an depuis 2011. À l’horizon 2030, elle deviendra avec la Guadeloupe l’un des deux départements les plus âgés de France, avec des conséquences lourdes sur les services de santé et la dynamique économique.

05

La Montagne Pelée

Classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2023, la Montagne Pelée est à la fois un atout touristique majeur et un risque volcanique permanent. Le plan de prévention des risques volcaniques reste un sujet de tension entre sécurité et développement économique.

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Économie

Un rebond porté par le tourisme et la consommation
Avec un PIB de 9,5 milliards d’euros et 556 159 visiteurs en 2022, la Martinique retrouve sa dynamique d’avant-crise — mais la dépendance aux importations et la baisse des fonds européens fragilisent les perspectives à moyen terme.

Le PIB de la Martinique s’établit à 9,5 Md€ (INSEE 2022), avec un PIB par habitant de 24 578 €. Le tourisme retrouve son niveau de 2019 avec 556 159 visiteurs. La création d’entreprises est dynamique : +17,1 % pour les sociétés et +13,2 % pour les micro-entreprises par rapport à 2021.

En tant que RUP, la Martinique a bénéficié de 1,7 Md€ de fonds européens sur 2014–2020 (dont 890 M€ de FEDER). Pour 2021–2027, l’enveloppe est en baisse de −23 % à 601 M€, fragilisant les investissements structurels sur le long terme.

Une dépendance aux importations structurelle

L’île importe massivement — 5,3 Md€ — contre seulement 293 M€ d’exportations, principalement du rhum AOC et de la banane. Cette dépendance est au cœur du problème de la vie chère et de la question de la souveraineté alimentaire, désormais au centre du débat politique local et national.

Rhum agricole AOC : Seul rhum français bénéficiant d’une Appellation d’Origine Contrôlée, le rhum martiniquais est exporté dans le monde entier. Fer de lance de l’identité et de l’économie locale, il incarne l’excellence agricole et artisanale de l’île.

Tourisme en reprise : 556 159 visiteurs en 2022, retrouvant le niveau de 2019. Le tourisme de croisière et les séjours balnéaires restent les principaux moteurs, avec une montée en gamme de l’offre hôtelière et un potentiel d’écotourisme autour de la Montagne Pelée UNESCO.

Culture et emploi : Les activités culturelles génèrent directement et indirectement plus de 3 170 emplois sur l’île. Un levier économique encore sous-exploité, dans un territoire dont le rayonnement littéraire et artistique est reconnu mondialement.

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Environnement

Biodiversité luxuriante et défis environnementaux majeurs
La Montagne Pelée, classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2023, symbolise la double nature de la Martinique : une richesse naturelle exceptionnelle et une vulnérabilité permanente face aux risques volcaniques, aux cyclones et à la pollution au chlordécone.

La Martinique concentre une biodiversité exceptionnelle : faune et flore abondantes, biodiversité marine riche en mammifères et espèces amphibiennes, paysages protégés. La Montagne Pelée (1 396 m), toujours en activité et inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2023, est le symbole de la richesse naturelle et de la vulnérabilité du territoire.

Comme la Guadeloupe, la Martinique est exposée aux sargasses, aux brumes de sable sahariennes et aux cyclones de plus en plus violents. L’île a souffert de la pollution au chlordécone, pesticide utilisé dans les bananeraies jusqu’en 1993, qui a contaminé durablement les sols, les eaux et la santé des populations.

Des innovations face aux sargasses

Des micro-entrepreneurs martiniquais développent des filières de valorisation innovantes des sargasses — biogaz, fertilisants, matériaux de construction —, transformant une nuisance environnementale en opportunité économique. Ces initiatives illustrent la capacité d’innovation du territoire face aux défis environnementaux.

Montagne Pelée UNESCO (2023) : Classée au Patrimoine mondial avec les pitons du nord, elle protège une biodiversité endémique exceptionnelle et renforce l’attractivité internationale du territoire. Un label qui ouvre des perspectives de développement touristique durable.

Chlordécone : Un plan national finance des programmes de recherche, de décontamination et d’accompagnement des populations, mais les besoins restent très supérieurs aux crédits alloués. Ce dossier symbolise la dette de l’État envers les territoires transocéaniques.

Sargasses et innovation : Des entrepreneurs martiniquais ont développé des filières de valorisation (biogaz, fertilisants, matériaux). Cette capacité à transformer une contrainte en opportunité illustre le dynamisme entrepreneurial d’un territoire résilient.

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Social

Une société vieillissante face au défi démographique
La Martinique perd 5 000 habitants par an depuis 2011 et vieillit rapidement — un double défi démographique inédit qui pèse sur l’ensemble de son modèle social, avec une pauvreté qui touche 27,4 % de la population et un chômage des jeunes structurellement élevé.

La pauvreté touche 27,4 % des Martiniquais (INSEE 2022) — bien supérieur à la moyenne nationale de 14 % — et en constante progression. La vie chère pèse +45 % en moyenne par rapport à l’Hexagone, aggravant les inégalités dans un contexte de chômage structurellement élevé entre 12 % et 17 %.

Le chômage des jeunes atteint 24 % des moins de 30 ans (contre 13 % dans l’Hexagone), alimentant un exode vers la métropole qui prive la Martinique de ses forces vives. Ce cercle vicieux — départ des jeunes, vieillissement accéléré, pression sur les services de santé — constitue le principal défi structurel du territoire à l’horizon 2030.

Vieillissement accéléré : − 5 000 habitants par an depuis 2011. La Martinique sera l’un des deux départements les plus âgés de France d’ici 2030, avec une pression inédite sur les systèmes de soins, les finances publiques et la cohésion sociale.

Vie chère : +45 % par rapport à l’Hexagone en moyenne. La loi vie chère adoptée en janvier 2026, portée par Béatrice Bellay, constitue une avancée législative historique — mais son impact réel dépendra de son application concrète et du parcours sénatorial à venir.

Chômage des jeunes : 24 % des moins de 30 ans sans emploi. Ce chiffre nourrit l’exode vers l’Hexagone et prive la Martinique de ses jeunes talents. Le développement de filières locales d’excellence (culture, tourisme, agriculture) est la réponse à construire.

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Culture

Aimé Césaire, la créolité et un patrimoine mondial
Terre d’Aimé Césaire, de Frantz Fanon et d’Édouard Glissant, la Martinique est l’un des foyers intellectuels et littéraires les plus influents du XXe siècle — un rayonnement universel porté par la négritude et la créolité, qui continue d’irriguer la pensée mondiale.

La Martinique possède un patrimoine culturel exceptionnel : 101 monuments historiques répertoriés sur 28 communes, 7 musées labellisés « Musée de France ». Saint-Pierre, détruite par l’éruption de la Montagne Pelée le 8 mai 1902, a obtenu le label Ville d’art et d’histoire en 1990.

La Martinique est une terre littéraire d’exception : Aimé Césaire (père de la négritude, maire de Fort-de-France pendant 56 ans), Frantz Fanon, Édouard Glissant (Prix Renaudot 1958), Patrick Chamoiseau (Prix Goncourt 1992), Raphaël Confiant — autant de voix qui ont nourri la pensée universelle sur la colonisation, l’identité et la créolité. Ensemble, Chamoiseau, Glissant et Confiant ont élaboré le concept de créolité — une pensée du métissage culturel qui influence les sciences humaines et la littérature mondiale.

Aimé Césaire : Poète, dramaturge et homme politique, père du mouvement de la négritude et maire de Fort-de-France pendant 56 ans. L’une des figures intellectuelles les plus influentes du XXe siècle, dont l’œuvre continue de rayonner sur tous les continents.

Littérature créole : Patrick Chamoiseau (Goncourt 1992), Édouard Glissant (Renaudot 1958) et Raphaël Confiant ont inventé le concept de créolité — une pensée du métissage culturel qui influence les sciences humaines et la littérature à l’échelle mondiale.

Patrimoine bâti : 101 monuments historiques, 7 musées labellisés, Fort Saint-Louis (classé 1973), Saint-Pierre Ville d’art et d’histoire — un patrimoine d’une richesse rare, à la hauteur de l’histoire singulière d’une île qui a façonné la modernité.

Sources : INSEE Martinique · IEDOM Martinique · Ministère chargé des Outre-mer · Collectivité Territoriale de Martinique · Assemblée nationale — Délégation aux outre-mer · L’Hémicycle Transocéanien N°1, Avril 2026 (IDRECOM)

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