La Réunion
Département et région d’outre-mer (DROM) et région ultrapériphérique (RUP) de l’Union européenne, La Réunion est le territoire transocéanique français le plus peuplé — près de 870 000 habitants. Île volcanique de l’océan Indien, à 210 km de l’Île Maurice et 800 km de Madagascar, elle allie des paysages classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO, une société multiculturelle exemplaire et des défis socio-économiques structurels persistants. En mars 2026, ses élections municipales ont produit un renouvellement politique historique, avec notamment six femmes élues maires — un record absolu dans l’histoire de l’île.
Représentants élus
Exécutifs locaux
Huguette Bello
À la tête d’une plateforme de gauche renforcée après le renouvellement politique historique des municipales de mars 2026.
Cyrille Melchior
Maires (après les municipales de mars 2026)
Ericka Bareigts
Laïla Nassibou
Fonctionnaire territoriale de 52 ans, première femme à diriger le cirque de Cilaos. Sa liste « Le Renouveau » a rallié les électeurs du troisième candidat retiré.
Alexis Chaussalet
À 32 ans, ce candidat LFI met fin à quarante ans de règne de la famille Thien Ah Koon dans cette commune de 80 000 habitants — symbole du renouvellement générationnel profond de mars 2026.
Juliana M’Doihama · Céline Sitouze
Députés à l’Assemblée nationale
- Karine Lebon 3ème circonscription · GDR — Membre de la Délégation aux outre-mer, co-auteure d’une mission flash sur les colis postaux.
- Emeline K/Bidi 4ème circonscription · GDR — Membre de la Délégation aux outre-mer, rapporteure sur le coefficient géographique des établissements de santé.
- Perceval Gaillard 5ème circonscription · LFI
- Jean-Hugues Ratenon 6ème circonscription · LFI
- Frédéric Maillot 7ème circonscription · GDR
- Jean-Luc Poudroux 2ème circonscription
Sénatrice
- Audrey Bélim Sénatrice de La Réunion — engagée dans le parcours sénatorial de la loi vie chère, aux côtés de Catherine Conconne et Béatrice Bellay (Martinique).
Enjeux du moment
Municipales 2026 — renouvellement historique
Six femmes maires, une participation en hausse de 6 points, plusieurs figures de la droite locale battues (Thierry Robert à Saint-Leu, Laurent Virapoullé à Saint-André défait de seulement 34 voix), une génération sous 35 ans aux commandes : La Réunion a massivement voté pour le changement en mars 2026.
La vie chère
Les prix alimentaires sont supérieurs de 40 à 45 % à ceux de l’Hexagone. La loi vie chère adoptée à l’Assemblée le 23 janvier 2026 (180 voix pour, 1 contre) est portée au Sénat par Audrey Bélim, aux côtés des sénatrices des Antilles.
Le chômage des jeunes
Avec 18,6 % de chômage global — plus du double de la moyenne nationale — et un taux dépassant 40 % chez les moins de 25 ans, l’insertion professionnelle des jeunes est la priorité sociale absolue du mandat municipal et régional.
Le réchauffement climatique
Cyclones de plus en plus violents, montée des eaux, érosion côtière — La Réunion subit de plein fouet les effets du dérèglement climatique. Le Piton de la Fournaise rappelle également la vulnérabilité naturelle du territoire. L’adaptation est cofinancée par le FEDER.
La coopération régionale
Pivot de la coopération dans l’océan Indien (Interreg Océan Indien avec Mayotte, Madagascar, Comores, Seychelles, Maurice, Mozambique, Australie), La Réunion dispose d’un positionnement stratégique unique pour la France et l’Union européenne dans la région.
Économie
Le PIB par habitant (SPA) s’élève à 20 300 € (2020) — inférieur à la moyenne européenne (29 900 €) mais comparable à la Sardaigne ou aux Açores. Le tourisme, l’industrie agroalimentaire et l’agriculture (canne à sucre) constituent les principaux secteurs économiques. En tant que RUP, La Réunion a bénéficié de 2,2 Md€ de fonds européens sur 2014–2020, dont elle est autorité de gestion pour 2021–2027 (1,4 Md€ de FEDER et FSE+).
La Réunion est le premier producteur européen de sucre de canne : 1,8 million de tonnes produites en moyenne chaque année sur quelque 23 000 hectares. La vanille Bourbon, appellation historique depuis 1964, s’engage dans une démarche IGP pour faire face à la concurrence malgache et valoriser sa qualité sur les marchés internationaux. La question de la souveraineté alimentaire est au cœur des débats, l’île important 5,3 Md€ de marchandises pour seulement 293 M€ d’exportations.
Canne à sucre : Premier producteur européen de sucre de canne — 1,8 million de tonnes par an sur 23 000 hectares. Pilier économique et paysager de l’île, la filière est indissociable de l’identité réunionnaise, des pieds des volcans aux zones côtières.
Vanille Bourbon : Appellation historique depuis 1964, engagée dans une démarche IGP pour résister à la concurrence malgache. Symbole de l’excellence agricole réunionnaise, la vanille Bourbon bénéficie d’une réputation internationale à consolider par la labellisation.
Autorité de gestion FEDER : La Réunion gère directement 1,4 Md€ de fonds européens pour 2021–2027, une responsabilité de premier plan qui en fait l’un des territoires transocéaniques les plus autonomes dans la gestion des fonds publics européens.
Environnement
Les cirques de Mafate, Cilaos et Salazie, le Piton des Neiges (3 071 m, point culminant de l’océan Indien) et le Piton de la Fournaise (2 632 m, l’un des volcans les plus actifs du monde avec plusieurs éruptions par an) composent un patrimoine naturel classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2010. Ce label protège une biodiversité endémique exceptionnelle et oriente le développement vers un tourisme responsable et durable.
Comme les autres territoires transocéaniques, La Réunion subit les effets croissants du réchauffement climatique : cyclones plus violents, montée des eaux, érosion côtière. Près de 1,1 M€ de FEDER ont été mobilisés sur 2014–2020 pour l’adaptation climatique et le développement durable des zones urbaines.
UNESCO — Pitons, cirques et remparts : Classés en 2010, ils couvrent 40 % de la superficie de l’île. Un label qui protège la biodiversité endémique et légitime un modèle touristique fondé sur l’écotourisme, la randonnée et la découverte des milieux naturels préservés.
Piton de la Fournaise : L’un des volcans les plus actifs du monde, avec plusieurs éruptions spectaculaires par an. Fascination scientifique et touristique mondiale, il rappelle la nature vivante et imprévisible de l’île — un atout naturel unique dans l’hémisphère sud.
Cirque de Mafate : Accessible uniquement à pied ou par hélicoptère, ce cirque encaissé d’une beauté sauvage absolue est le symbole de la préservation réunionnaise. Ses îlets et ses sentiers de randonnée en font l’une des destinations d’écotourisme les plus authentiques du monde.
Social
La grande pauvreté touche 14 % de la population, plaçant La Réunion parmi les régions les plus pauvres de l’Union européenne au regard du PIB par habitant. Le chômage atteint 18,6 % globalement et dépasse 40 % chez les moins de 25 ans. Ces défis structurels coexistent cependant avec une réalité plus nuancée : une île jeune, dynamique, créative, avec une culture forte de la débrouillardise et de l’entraide communautaire.
La politique de coopération régionale place La Réunion au cœur des échanges jeunesse dans l’océan Indien. Les Jeux des jeunes de la CJSOI — réunissant Comores, Djibouti, Mayotte, Maurice, La Réunion et Seychelles — illustrent ce rayonnement. Lors de la 12ème édition à l’Île Maurice, la délégation réunionnaise de 125 jeunes a rapporté 142 médailles.
Chômage structurel : 18,6 % de taux global, plus du double de la moyenne nationale. Le chômage des jeunes de moins de 25 ans dépasse 40 %, alimentant l’exode vers l’Hexagone et fragilisant la démographie locale. L’insertion professionnelle est la priorité absolue du mandat régional.
CJSOI — rayonnement jeunesse : 142 médailles pour 125 jeunes réunionnais lors de la 12ème édition des Jeux de la Commission de la Jeunesse et des Sports de l’océan Indien. Un symbole du dynamisme et du potentiel d’une jeunesse qui rayonne bien au-delà de l’île.
Tissu associatif : Malgré les difficultés socio-économiques, La Réunion dispose d’un tissu associatif dense et d’une culture forte de l’entraide communautaire — un capital social précieux, révélateur d’une vitalité citoyenne que les élections de mars 2026 ont encore confirmée.
Culture
La Réunion est habitée par plusieurs ethnies — créoles, Malbars, Zarabs, Chinois, Cafres, Z’oreilles — qui ont construit ensemble une identité culturelle riche et syncrétique. Le maloya, musique et danse créole réunionnaise née dans les champs de canne à sucre, est classé au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2009 — symbole de la mémoire et de la résistance des anciens esclaves, devenu vecteur d’une créativité artistique contemporaine rayonnante.
La langue créole réunionnaise, l’une des plus parlées de l’océan Indien, est le vecteur d’une identité culturelle vivante et inventive qui irrigue la musique (maloya, séga), la cuisine, la littérature et les arts visuels. Forte de sa position géographique, La Réunion mobilise les fonds Interreg Océan Indien pour développer des échanges culturels avec ses voisins — renforçant son rôle de pont culturel entre l’Europe et l’Afrique orientale.
Maloya UNESCO : Classé au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2009. Né dans les champs de canne, expression artistique de la mémoire des esclaves, le maloya est aujourd’hui un genre musical vivant et créatif qui rayonne dans tout l’océan Indien et au-delà.
Créole réunionnais : Langue vivante parlée par la quasi-totalité de la population, vecteur d’une identité culturelle inventive qui irrigue la musique, la cuisine, la littérature et les arts. L’une des langues créoles les plus dynamiques et les plus riches de l’hémisphère sud.
Interreg Océan Indien : La Réunion mobilise les financements européens pour développer des échanges culturels et scientifiques avec Madagascar, les Comores, les Seychelles, Maurice et l’Australie — confirmant son rôle de hub culturel et diplomatique de l’océan Indien pour la France et l’UE.
