La Commission européenne a proposé, dans le cadre des négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034, la suppression pure et simple du POSEI — le Programme d’Options Spécifiques à l’Éloignement et à l’Insularité, créé en 1992 pour compenser les surcoûts liés à l’éloignement dans les secteurs agricole, de la pêche et du développement rural des régions ultrapériphériques. Cette proposition a provoqué une mobilisation sans précédent des élus des RUP, toutes tendances politiques confondues.
Le vice-président du Parlement européen Younous Omarjee (GUE/NGL, Guadeloupe) mène depuis plusieurs semaines une bataille déterminée au Parlement européen pour non seulement maintenir le POSEI, mais en doubler le budget. Il argue que le maintien de ce programme n’est pas une faveur accordée aux RUP, mais une obligation juridique qui s’impose à la Commission au titre de l’article 349 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Une vingtaine de parlementaires européens issus de différents groupes politiques l’ont rejoint dans cette démarche.
Pourquoi le POSEI est vital ?
Pour les agriculteurs, pêcheurs et éleveurs de Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte, la suppression du POSEI représenterait une catastrophe économique directe. Ce programme finance notamment la filière banane antillaise, la canne à sucre, les productions maraîchères et fruitières, l’élevage et la pêche artisanale. Sans ce soutien spécifique, ces filières — qui emploient des dizaines de milliers de personnes — ne peuvent pas faire face à la concurrence internationale dans des conditions équitables.
Les trois eurodéputés transocéaniens — Younous Omarjee, Marie-Luce Brasier-Clain (La Réunion) et Rody Tolassy (Guadeloupe) — ont d’ores et déjà interpellé la présidente von der Leyen sur ce sujet, qui sera au cœur des négociations budgétaires de l’automne 2026.
Mise à jour — 30 avril 2026
Le Parlement européen a franchi une étape décisive en adoptant, lors de sa session plénière de Strasbourg, sa position officielle sur le futur cadre financier pluriannuel 2028-2034. Les eurodéputés ont exprimé un soutien sans ambiguïté au maintien d’une ligne budgétaire dédiée au POSEI, assortie d’une demande de doublement de ses moyens. Pour Younous Omarjee, ce vote constitue « un signal politique fort » : le Parlement a désormais parlé d’une seule voix. La balle est dans le camp de la Commission européenne et des États membres, dont les arbitrages lors des négociations à venir seront déterminants pour l’avenir agricole et économique de nos régions ultrapériphériques.
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